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02/10/2021 // Et si l’on repensait l’organisation des compétitions ?

Voilà un certain temps que toutes les instances officielles ou presque planchent sur des solutions miracle pour redonner au ski son lustre d’antan. Mais vues de l’extérieur, ces tentatives ne semblent rien d’autre que des emplâtres sur une jambe de bois : et si on changeait le format des courses ? Et si on mettait telle discipline en avant (sous-entendu au détriment de telle autre) ? Et si on organisait des courses en ville ? Et pourquoi pas en soirée ? …

En fait, ce qui manque le plus, ce sont des propositions globales tenant compte des thématiques qui ont surgi au niveau planétaire ces dernières années – la situation pandémique et la prise de conscience écologique pour n’en citer que deux.

A ce niveau, est-ce que la base – comprenez la formation des jeunes – ne pourrait pas montrer la voie à suivre ? Des réflexions allant dans ce sens commencent d’ailleurs à se faire entendre. Un exemple parmi d’autres, un article publié en janvier 2020 dans la revue américaine Ski Racing : son auteur, Steve Porino, est un ancien descendeur membre de l’équipe nationale américaine jusqu’en 1992, devenu par la suite entraîneur et actuellement spécialiste des disciplines alpines chez NBC.

Point de départ, le ski devient de plus en plus coûteux; une récente étude de U.S. Ski & Snowboard évalue à 500'000 dollars l’investissement nécessaire pour amener un jeune aux portes de l’élite nationale. Mais malgré la hausse constante des budgets (due notamment à la guerre que se livrent les Américains au niveau du matériel et à la multiplication des camps sur d’autres continents), leurs jeunes skieurs ne s’améliorent pas en comparaison internationale.

Au passage, il est intéressant de noter que Porino a échangé avec Didier Plaschy quant à l’utilité de la préparation sur glacier, à la limitation des déplacements et à l’importance des entraînements hors neige. Une constatation de son interlocuteur l’a d’ailleurs frappé : pour ce dernier en effet, si l’on ne veut pas « tuer l’esprit du sport » chez les jeunes, il vaut mieux les faire skier à proximité de leur domicile plutôt que leur infliger de longs déplacements.

Autre lacune mise en évidence, on oublie trop souvent que ce n’est pas en compétition qu’un athlète s’améliore. De plus, dans l’optique d’accorder les mêmes chances à tous, une solution consisterait à ne pas organiser de courses en décembre et donc à débuter la saison en janvier. Ainsi les coaches ne seraient pas tentés de planifier de longs déplacements, ce que Porino qualifie de dopage financier.

Certes, il s’agit là d’un problème plus spécifiquement américain dans la mesure où les Européens consacrent moins de temps aux déplacements. La suite de son raisonnement s’applique pourtant à tout le monde : en essayant d’organiser systématiquement deux épreuves par journée de compétition, d’une part les frais seraient réduits et d’autre part les jeunes auraient plus de jours d’entraînement à disposition. Sans compter qu’ils passeraient plus de temps dans leur environnement familial et scolaire.

Ce n’est pas tous les jours que quelqu’un arrive avec une solution intéressante en termes d’amélioration des entraînements, de diminution des coûts, de sauvegarde de la vie de famille et de protection de l’environnement. Cette proposition ne mérite-t-elle pas réflexion ?

Voici encore le lien vers l’article de Steve Porino : There's a financial crisis in junior ski racing

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