28/02/2026 // Une reprise progressive, des courses et beaucoup d’apprentissage
Depuis décembre, beaucoup de choses se sont passées. J’ai d’abord profité des vacances scolaires pour faire des activités qui me faisaient plaisir et surtout skier avec des amis. Ces moments simples, loin de la pression, m’ont permis de retrouver du plaisir sur les skis et de recharger un peu les batteries, autant physiquement que mentalement.
À la mi-janvier, j’ai repris progressivement le ski dans les piquets. Au début, uniquement sur des sections faciles et en divisant le parcours, afin de réhabituer mon corps aux contraintes du tracé. Cette reprise s’est faite lors d’un camp dans les Dolomites, à Pozza di Fassa (Italie). C’était le premier vrai camp avec l’équipe depuis celui de fin octobre, et surtout la première fois que je retrouvais un cadre d’entraînement plus ou moins normal. Pendant ce camp, j’ai gentiment recommencé à trouver des sensations, ce qui était très positif.
Par la suite, j’ai enchaîné plusieurs jours d’entraînement par-ci par-là, sans faire de gros blocs. L’objectif était clair : continuer à combiner le ski et la préparation physique en parallèle, tout en évitant une charge trop élevée. Toute la préparation physique, mais aussi ma position sur les skis, sont adaptées afin de limiter au maximum les contraintes sur le dos. Les progrès sont là, autant physiquement que sur les skis, mais il me manque encore des kilomètres pour apprivoiser tous ces changements et retrouver une pleine confiance dans mes capacités.
Vers mi-janvier, j’ai pris part à l’ouverture de courses en géant, à Thyon (Valais) et à Engelberg (Obwald), pour deux courses à chaque fois. À Engelberg, les chronos ont montré que j’étais clairement dans le coup. À Thyon, c’était l’une des premières fois que je passais dans un parcours de plus de 50 secondes depuis mon retour, ce qui rendait encore difficile le fait de vraiment m’engager dans la pente sur toute la longueur et de trouver un rythme intense. À Engelberg, en revanche, j’ai réussi à augmenter l’intensité et la conséquence de mes appuis, ce qui était très encourageant. Par contre, je n’ai pas encore pu réaliser de manches complètes en slalom. Mais le plaisir de passer dans les piquets est clairement de retour, et l’heure du slalom arrivera prochainement.
Du coup, j’ai profité des championnats jurassiens de géant et de la Ragusa Ski Cup que je connais bien pour remettre un dossard. C’était à Leysin (Vaud) et j’ai pu passer la vitesse supérieure avant de penser à la suite (retour gagnant pour Justine Herzog).
Après ces bons signaux, je devais initialement prendre le départ aux courses des Diablerets (Vaud) les 12 et 13 février. Malheureusement, elles ont été annulées à cause de la météo. La semaine suivante, j’aurais dû me rendre en Italie, mais les inscriptions ont finalement été limitées. Et enfin, une course prévue le 23 février en Autriche a elle aussi été annulée.
Les deux géants des Diablerets ont finalement été reprogrammés les 24 et 25 février à Flumserberg (Saint-Gall), même si la première course a été décalée d’un jour en raison de la météo. Le 25 février, me voilà donc au départ de ma première course au niveau auquel je concours depuis longtemps. Durant les derniers jours d’entraînement, j’avais déjà ressenti des douleurs au dos et je ne me sentais pas en pleine possession de mes moyens. J’ai tout de même pris le départ pour cette reprise, en donnant le meilleur de moi-même. J’ai terminé à la 17e place, un résultat plutôt encourageant pour une première course, même si nous avons clairement vu qu’il y avait encore beaucoup de potentiel inexploité.
Le lendemain, lors de la deuxième course, dès l’échauffement à ski le matin, j’ai senti que les douleurs étaient bien présentes et que je n’étais pas libre dans mes mouvements. J’ai malgré tout décidé de prendre le départ. En course, j’ai essayé d’augmenter l’intensité et l’amplitude de mes mouvements, en pensant moins à la technique et davantage au relâchement, en essayant de lâcher prise. Après une 13e place en première manche, à moins de 1’20 de la première et malgré plusieurs fautes qui m’ont coûté du temps tout au long du parcours, j’étais plutôt satisfaite. En deuxième manche, j’ai reculé à la 17e place. Le haut du parcours était déjà beaucoup plus fluide et engagé, mais au fil de la manche, je me suis bloquée de plus en plus, avec une baisse d’intensité.
Ce week-end m’a néanmoins permis de tirer une conclusion importante : même avec un ski très moyen et plusieurs fautes, je ne perds pas des mille et des cents. C’est plutôt encourageant. Et surtout, ça faisait énormément de bien de retrouver l’ambiance des courses, ce pour quoi on s’entraîne chaque jour, ainsi que de revoir des amies et anciennes coéquipières de NLZ West.
Après cette semaine très chargée, avec trois jours d’entraînement et de courses, je sens qu’il est nécessaire de lever un peu le pied et de ne pas continuer sur le même rythme, car le dos ne suit pas complètement. J’ai donc décidé de partir aux Grisons la semaine prochaine pour un jour d’entraînement de super-G à Davos (seulement le deuxième de la saison) afin de changer un peu de rythme, dans l’idée d’enchaîner ensuite avec les deux courses prévues.
En ce moment, la patience est vraiment la clé. Je dois accepter et apprendre à ne pas précipiter les choses, même si ce n’est pas facile. Je sais que tout mon entourage est là pour m’aider et que tout est mis en œuvre pour un retour à 100%, sans douleurs. C’est difficile, en tant qu’athlète et compétitrice, de voir les courses s’enchaîner derrière le live, de sentir le temps passer et de réaliser que nous sommes déjà début mars. Mais je dois être convaincue que ce chemin, même plus lent que prévu, est le bon. Et surtout j’essaie de ne pas perdre le sourire.