Noémie Kolly

18/12/2018 // Le point de vue de l’entraîneur

Nesa Jvano, vous êtes avec Silvano Stadler et Jörg Roten l’un des entraîneurs de Noémie. Comment les tâches sont-elles réparties entre vous?
Disons que je suis un peu le leader du groupe vitesse auquel Noémie appartient. Sur la neige, on travaille ensemble, il n’y en a pas un qui fait plus que les autres, nous échangeons sur le plan technique. Quand on travaille à la vidéo, on procède au visionnement tous ensemble, avec les filles. C’est un travail d’équipe. Personnellement, j’ai un peu plus à faire au niveau des inscriptions, de la paperasse. 

Quels sont pour vous les principaux points forts de Noémie, sur le plan technique, mais aussi mental?
Sur le plan technique, Noémie a un très bon toucher de neige, elle arrive très bien à faire glisser les skis. Elle prend de temps en temps des lignes à la limite qui lui ont parfois coûté de jolies cabrioles, avec des conséquences moyennement graves, voire graves. Elle a cet instinct de laisser aller les skis, ce qui peut être un avantage comme un désavantage. Elle est bien posée sur les skis et ses bases techniques sont bonnes. Sur le plan mental, elle sait ce qu’elle veut. Actuellement, elle souffre un peu du dos, mais elle surmonte ses douleurs non seulement avec des médicaments mais aussi grâce à sa volonté.

A propos de ses problèmes de dos et d’hernies discales, à vos avis, ces difficultés sont derrière elle ou pas?
Non malheureusement, on est encore en plein dedans. Jusqu’à maintenant, tout était plus ou moins sous contrôle mais jeudi dernier, sur un mouvement très banal à l’entraînement, elle a pris un petit coup dans un virage qui lui a bloqué le dos. Donc, c’est quelque chose qu’il faut surveiller en permanence. On sait très bien que lorsqu’on planifie 8-9 passages, il faut diminuer un peu le volume pour Noémie, parce qu’elle doit ménager son dos. Il faut donc miser davantage sur le qualitatif que sur le quantitatif. Malheureusement, son problème de dos va encore la perturber pendant quelque temps. Donc, il faudra voir comment ça évolue, contrôler tout ça avec les physios, les ostéopathes. J’espère juste que ça ne va pas empirer.

Est-ce pour cela qu’elle laisse un peu de côté les disciplines techniques?
Bon, la seule discipline technique qu’elle laisse de côté, c’est le slalom. Elle a remporté un géant la semaine dernière à Veysonnaz, elle a fait des podiums en descente et en super-G. Elle pourrait même être une bonne slalomeuse mais la discipline ne lui plaît de toute façon pas. Avec en plus ces problèmes de dos, il est plus sage de renoncer au slalom. Continuer dans ces conditions serait une perte de temps. 

Comme Noémie n’a pas vraiment le gabarit d’une descendeuse, bénéficie-t-elle d’une préparation spécifique tenant compte de son physique?
J’ai envie de vous retourner la question : qu’est-ce qu’un gabarit idéal pour la descente? L’époque des filles petites, baraquées, trapues, voire un peu rondouillardes, c’est fini! Il faut s’enlever ça de la tête! On voit très bien qu’il y a des athlètes comme Michelle Gisin qui sont plutôt fines. C’est aussi le cas d’une Veith, ou encore d’une Ledecka, la championne olympique de super-G. Wendy aussi est assez tonique et athlétique. Il y a des avantages et des inconvénients. Noémie compense son manque de gabarit par une finesse de ski qui n’est pas donnée à tout le monde. Là où elle est vraiment handicapée, c’est pour les départs au plat, où elle n’arrive pas à générer de la vitesse en raison de son manque de masse. Dans les pentes raides où ça tourne et où il y a de la vitesse, il n’y a pas de problème. Elle l’a très bien démontré l’an dernier à San Pellegrino où elle a fini 3e d’une descente très technique. Donc il ne faut pas se focaliser sur son gabarit. C’est en tout cas mon avis. 
Pour répondre plus précisément à votre question, elle n’a pas de préparation spécifique en fonction de son gabarit. Elle est suivie un peu plus attentivement dans les programmes de force par rapport à son dos, on travaille un peu différemment, avec un programme personnalisé. Les programmes d’hypertrophie sont adaptés à ses caractéristiques. Ce n’est pas le programme qu’on propose à tout le monde. On en discute avec le physio et l’entraîneur de condition physique.

Comment évalueriez-vous la progression de Noémie ces dernières années?
Sa progression est réjouissante. Avant, sur certaines pistes, elle n’arrivait pas au terme de ses courses. Maintenant, elle y arrive, et finit même sur le podium. Elle a pris de la confiance, elle a aussi plus de «jus». Mais il faut toujours faire attention à son dos, un problème récurrent d’ailleurs chez beaucoup d’athlètes. 

Que pensez-vous de son objectif de la saison de passer du cadre C au cadre B?
Pour moi, elle a les qualités pour l’atteindre. Il faut rappeler que l’an dernier, elle était septième du classement de la Coupe d’Europe de descente avant de se «crasher» à Crans-Montana. Cette chute lui a fait manquer les trois dernières courses de la saison, notamment les finales. Je pense que sans cela, elle aurait déjà pu intégrer le cadre B cette saison. Son objectif est donc tout à fait atteignable, même si certaines pistes lui conviennent mieux que d’autres.

07/12/2018 // Déjà un premier objectif atteint!

Trois courses, trois fois à l’arrivée. Je suis très contente de ce résultat car la régularité est l’un de mes principaux objectifs de la saison.

À l’arrivée du premier super-G, je n’étais pas très satisfaite. Comme j’étais sortie deux fois sur le plat à l’entraînement, la veille, je manquais clairement de confiance. Si bien que j’ai skié sur la retenue, très rond sur les parties planes. Dans le deuxième super-G, j’ai déjà beaucoup plus attaqué, et je ne perds pas énormément de temps sur la première. Je suis donc plutôt satisfaite, tout en ayant conscience de n’avoir pas skié comme il aurait fallu le faire.

Pour le slalom d’aujourd’hui, je n’avais aucune pression: c’était d’ailleurs la première fois que je remettais les skis courts… Afin de ménager mon dos, mes entraîneurs et moi-même avions en effet décidé de laisser la discipline de côté. J’ai quand même pris le départ car il fallait arriver au fond pour valider mes points en super-G. Mission accomplie.

21/11/2018 // Enfin des conditions hivernales!

Après mon dernier camp sur neige, qui s’est déroulé à Zermatt vers mi-octobre, nous avons observé une longue pause. Les entraîneurs avaient prévu qu’elle durerait 9 jours mais malheureusement, avec les chutes de neige sur les glaciers et le manque de neige dans les autres stations, elle s’est prolongée durant 3 semaines. C’est long! Au début, j’étais très contente de pouvoir me ressourcer à la maison et de refaire le plein d’énergie car la fatigue se faisait ressentir. Mais à la fin, j’avais l’impression d’être en juin, d’enchaîner les semaines d’entraînement physique (force et intervalles) sans skier.

Nous avons enfin pu remettre les skis à Livigno la semaine passée, sur une piste très facile et assez plate, donc idéale pour remettre les bases en place en géant comme en Super-G. 

Nous sommes d’ailleurs retournés dans la station italienne cette semaine. Les premières courses FIS (deux géants) débuteront la semaine prochaine à Arosa. Ensuite, je m’envolerai pour la Norvège où se disputeront les premières épreuves de vitesse de Coupe d’Europe.

02/10/2018 // En ce moment, tout va très bien!

Les tests physiques qu’il m’a fallu effectuer à Zurich et à Macolin se sont parfaitement déroulés. De plus, j’ai eu la chance de participer à un camp à Zermatt avec l’équipe de vitesse Coupe du monde…

Quant aux entraînements sur neige, tout se passe bien là aussi, notamment en géant. En vitesse, je suis plutôt contente, même si je dois encore procéder à quelques réglages et surtout changer mes lignes.

22/08/2018 // «Menu» copieux au programme!

Après mes brèves vacances en Italie, j’ai tout de suite repris l’entraînement physique à Macolin avant de rechausser les skis le 17 juillet. Nous avons enchaîné 12 jours de préparation à Zermatt afin de remettre les bases en place. Les conditions étaient vraiment top malgré la chaleur. De retour à la maison, j’ai eu quelques jours pour moi et j’en ai donc profité pour voir mes copines avant de commencer mon stage MPC à la banque Raiffeisen début août. Puis, nous sommes repartis pour un deuxième camp de 4 jours, toujours à Zermatt. 
Je suis actuellement en stage à Saas-Fee jusqu’à vendredi pour faire quelques jours de vitesse. La suite de mon programme est plutôt simple: tests physiques lundi à Zurich et sinon boulot - entraînement physique – ski. La routine!

Petit portrait
Noemie Kolly

Née le 20/07/98, 51 kg, 159 cm

Ski-club: La Berra

Groupe d'entraînement: groupe B de Swiss-Ski

Entraîneurs: Silvano Staldert, Ivano Nesa, Jörg Roten

Employeur: stage MPC à la Raiffeisen à 50%

Meilleures perfs en 2017/18: 3e en descente CE - 6e de la descente des mondiaux juniors - 10e du combiné des mondiaux juniors

Points FIS au 1.09.2018: 25.47 en descente; 19.60 en géant; 28.37 en super-G

Objectifs pour la saison 2018/19: passer du cadre C au cadre B