Tanguy Nef

09/12/2018 // Un peu déçu de l'annulation de Val d'Isère...

...mais quand même pas trop, car la course aurait été difficile, et peut-être même un peu irrégulière. Alors au final, c'est mieux comme ça.

Là, je vais avoir quelques jours de pause, puis je vais mettre le cap sur l'Italie pour disputer quelques géants et slaloms comptant pour la Coupe d'Europe. Et ensuite, retour en Coupe du monde, avec le slalom de Madonna di Campiglio. Un programme chargé,  mais que j'attends d'ores et déjà avec impatience.

04/12/2018 // Une anecdote livrée par le père de Tanguy

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Lorsque nous étions à Levi pour la Coupe du monde, nous avons rencontré un Finlandais habillé de peaux de bête et armé de grigris. En apprenant que Tanguy allait participer au slalom, il lui a suggéré de faire un vœu tout en lui mettant une mâchoire d’animal entre les mains. Et bien sûr de garder ce vœu pour lui, afin qu’il puisse se concrétiser.

Aujourd’hui, je ne connais toujours pas la teneur de ce vœu, mais je me dis qu’il a peut-être quelque chose à voir avec la 11e place de Tanguy. Peut-être faudrait-il demander à l’homme de Laponie de faire le déplacement de Val d’Isère…

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30/11/2018 // J’ai la sensation d’avoir franchi un palier

Hier, après le premier slalom de Levi, mon moral n’était pas au plus haut, même si j’avais montré de bonnes choses. En première manche, je ne m’étais pas élancé avec la bonne mentalité. Après tout, heureusement que ça s’est produit là plutôt qu’en Coupe du monde... Et avec le recul, je pense également avoir réussi à passer un autre niveau.

Aujourd’hui, j’ai produit plutôt du bon ski dans les deux manches. Certes, j’ai encore commis quelques erreurs, qui seront à corriger d’ici à Val d’Isère. Mais ma quatrième place est très très positive, c’est déjà un super résultat, qui à la fois confirme mon niveau et présage bien de la suite. 

Là maintenant, je me réjouis surtout de rentrer, cela fait un moment que je suis au fin fond du monde, et on n’y voit pas vraiment le soleil. Je suis impatient de retourner à la maison, de revoir la famille, les amis. Ensuite, on va rempiler directement sur Zinal : la piste est déjà injectée, et les conditions sont super à ce qu’il paraît.

Mais la prochaine étape importante sera bien évidemment Val d’Isère. Je me réjouis déjà beaucoup d’y voir tout le monde, et surtout tous ceux que je n’ai pas encore vus. Et j’espère que les supporters seront nombreux à faire le déplacement!

Mes deux manches d’aujourd’hui: 

TRALALA

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TRALALA

29/11/2018 // Le point de vue de l’entraîneur

Renzo Valsecchi, comment se passe concrètement votre collaboration avec les entraîneurs de Tanguy aux Etats-Unis?
L’été dernier, c’est nous qui avons défini les grandes lignes de la planification de l’entraînement physique. Nous avons échangé tous les 10 jours avec nos collègues américains par skype et planifié ensemble le déroulement des opérations.
Lorsque Tanguy retournera aux Etats-Unis début janvier, nous continuerons à travailler de cette façon. Mais compte tenu des changements fréquents qui interviennent dans le calendrier, il est assez difficile de planifier longtemps à l’avance. Si Tanguy continue à rentrer dans les points en Coupe du monde, il disputera tous les slaloms, ce qui signifie qu’il s’entraînera plus souvent avec le reste de l’équipe nationale et devra traverser plus souvent l’Atlantique. D’ici Noël, on sait d’ores et déjà qu’il sera au départ du slalom de Val d’Isère. Ensuite, il faudra voir s’il ira à Madonna di Campiglio.

Quels sont à votre avis les principaux points forts et points faibles de Tanguy?
Tanguy est un skieur très fin, avec beaucoup de feeling. Il est aussi capable de se transcender en compétition, d’en mettre beaucoup plus par rapport à l’entraînement, de se mettre en mode course. Nous avons vu le résultat à Levi.
Sur le plan de la condition physique, il a encore de la marge. Il n’est pas encore là où il pourrait être. Cela tient peut-être au fait que son entraîneur physique aux Etats-Unis est un ancien joueur de football américain, qui n’a pas le même vécu qu’un ancien skieur et qui ne met pas l’accent sur les mêmes points. Mais en travaillant avec Jan Seiler, Tanguy est sur la bonne voie. Il doit encore progresser au niveau de la musculature du dos et du tronc en travaillant en salle de force. 

Ses études lui prennent beaucoup de temps. Son entraînement n’en pâtit-il pas?
Ce n’est pas un problème pour l’heure. Ce semestre, Tanguy met l’accent sur le ski et il s’entraîne depuis septembre en Suisse. Après sa blessure, il s’est rendu à Macolin avec Jan pendant sa rééducation et à cette occasion, il a pu prendre conscience des exigences du ski professionnel, de ce que font les athlètes qui misent tout sur le ski.
Mais dès son retour aux Etats-Unis en janvier, il est vraisemblable que les choses changeront de nouveau un peu. 

A-t-il encore des séquelles de sa récente blessure à la cheville? 
Je dirais qu’il est aujourd’hui à 90% de son potentiel. Il doit encore faire attention à éviter les sauts et les sprints lorsqu’il travaille sa condition physique. Sur les skis, il ne ressent plus rien depuis deux semaines. Nous avons aussi adapté le volume d’entraînement: il dispute 1 à 2 manches de moins que les autres de façon à ne ressentir aucune douleur le lendemain. 

Est-il facile de courir parallèlement aux Etats-Unis et en Suisse? Car Tanguy est obligé de disputer des courses universitaires sous les couleurs de son école. 
L’an dernier, Tanguy a obtenu de bons résultats dans les courses NorAm, ce qui lui a permis de bien progresser dans le ranking FIS qui détermine les dossards. L’objectif principal de cette saison est de maintenir cette position, voire de l’améliorer. 
Au vu de son évolution actuelle et de son résultat de Levi, il va rester en Europe plus longtemps que prévu. Mais un jour ou l’autre, il faudra bien qu’il prenne une décision claire: soit continuer à courir en NorAm, soit disputer la Coupe d’Europe et la Coupe du monde. Faire les deux est pratiquement impossible, compte tenu du calendrier, des voyages et du décalage horaire. Il nous incombe à nous autres entraîneurs de coordonner tout cela afin que Tanguy n’ait pas à effectuer deux ou trois aller-retour par mois entre l’Europe et les Etats-Unis. 

Observez-vous une différence entre Tanguy, qui vit une partie de l’année aux Etats-Unis, et un athlète 100% made in Switzerland?
Il est vrai que par rapport à d’autres athlètes, Tanguy affiche une certaine décontraction que l’on retrouve souvent chez les sportifs américains. La ponctualité est par exemple moins importante pour lui que pour d’autres... Mais il sait ce qu’il veut et trace sa voie. Il s’en fout un peu de monter en télésiège avec un coéquipier ou tout seul.

Compte tenu du fait qu’il a d’ores et déjà atteint son objectif, à savoir courir en Coupe du monde et se classer dans les 30 premiers, qu’attendez-vous de lui ces prochaines semaines?
S’il réussit à faire deux top ten en Coupe d’Europe, ce serait déjà un bon début, surtout avec son dossard élevé (pas de points l’an dernier). Cela lui permettrait d’avoir de meilleurs dossards pour les prochaines courses. 
Tout le reste, c’est du bonus! Courir en Coupe du monde, c’est génial, mais ce n’est pas la priorité, Nous prendrons tout ce qui vient! Je suis très impatient de voir ce qu’il va faire demain et après-demain [interview réalisée mercredi 28].

21/11/2018 // Un grand merci pour votre soutien!

Suite au slalom de dimanche, j’ai reçu tout plein de messages, ce qui m’a vraiment fait chaud au cœur. Le lendemain, j’ai eu une journée de libre, pour mon anniversaire.

Mardi, on a tout de suite rempilé avec un entraînement de géant sur la même piste que le spécial, mais sans pour autant faire beaucoup de manches. Ce week-end, je vais rester à Levi pour disputer des courses FIS, puis fin novembre des épreuves de Coupe d’Europe, toujours à Levi. Ce qui va me permettre de peaufiner quelques détails. Ensuite, je vais rentrer pour me préparer gentiment pour Val d’Isère avec le reste de l’équipe de Coupe du monde, ce dont je me réjouis déjà énormément.

Levi, Slalom, 1re manche

Photo © rts.ch

Petit portrait
Tanguy Nef

Né le 19/11/1996, 187 cm, 91 kg

Ski-club & groupe d'entraînement: Swiss-Ski Cadres B, SAS Genève

Entraîneur: Thomas Stauffer et Renzo Valsecchi (CH) Peter Dodge (USA)

Université: étudiant à Dartmouth College, NH (USA) en Informatique et Economie

Meilleures perfs en 2017/18: Champion NCAA en slalom et 2e en géant - 3e du classement général de la Coupe NorAm en géant - vainqueur de 2 épreuves NorAm

Points FIS au 1.09.2018: 132.20 en descente; 7.66 en slalom; 8.52 en géant; 24.85 en super-G; 103.04 en combiné

Objectifs pour la saison 2018/19: débuter en Coupe du Monde et entrer au moins une fois dans le top 30, continuer mes études à 100%, maintenir mes points FIS au même niveau

mon site web (en anglais)
Mes sponsors
tooski.ch