Arnaud Boisset

14/01/2019 // Premier top 10 en Coupe d’Europe à Wengen

Mon 9e rang lors de la 1re descente de Coupe de Wengen est un résultat génial, qui va au-delà de mes attentes, même si mon objectif était d’y faire quelque chose de bien. Tout s’est très bien déroulé, on s’est entraîné début janvier sur la piste de la course, on a fait bonnes deux journées d’entraînement où j’ai fait des bons temps. Tout allait bien. Lors de la descente d’entraînement, j’ai testé des trucs, et mon 53e rang ne reflète pas vraiment mon niveau. De toute façon, je n’aime pas trop me livrer à fond à l’entraînement, j’en ai gardé un peu sous les spatules. Même si je ne me fixe jamais comme objectif un rang précis, je voulais faire un top 20 voire un top 15 pour marquer des gros points en Coupe d’Europe. Finalement, la façon dont j’ai skié et dont je me suis engagé a débouché sur un top ten! C’est top mais je ne suis pas extrêmement surpris, je ne me dis pas que j’ai eu de la chance. J’aimerais continuer là-dessus. C’est plutôt mon entourage, mes entraîneurs, mes parents, mes amis qui étaient surpris et qui m’ont dit «Chapeau, je n’aurais pas pensé que tu étais capable de faire ça!» C’est vrai que depuis le début de la saison, il n’y avait pas eu de gros résultats de ma part, sauf un 25e rang à Zauchensee en Coupe d’Europe. En plus, j’ai pu m’élancer dans les 30 premiers grâce aux points marqués l’an dernier en Coupe d’Europe. J’ai tiré le 23, ce qui s’est révélé être un avantage car le temps s’est couvert pour les derniers. Le 2e jour, la course a été annulée et c’est un peu dommage. A Wengen, il faut partir assez tard pour que la visibilité soit bonne. Finalement, ils ont décidé d’annuler car en Coupe d’Europe, la FIS tient à ce que les favoris disposent des meilleures conditions. C’était un peu la même chose à St-Moritz en Super-G. En course, FIS, ils auraient à coup sûr donné le départ. 

Les entraînements du Lauberhorn avant Kitzbühel

Maintenant, on verra bien où cette course sera rattrapée. Personnellement, j’aimerais bien que ça ne soit pas sur une piste trop plate car j’adore les conditions de Wengen, ces passages techniques qui conviennent bien à mon gabarit et à mes qualités. Ce report modifie un peu mon programme: j’aurai la chance de participer aux entraînements de la Coupe du monde à Wengen. Par rapport à la Coupe d’Europe, il faudra ajouter une bonne minute de course! Je me réjouis car ce sera mes premiers tâtonnements sur le circuit Coupe du monde. Je vais le prendre comme une bonne expérience car de toute façon, il n’y aura pas de sélection et de qualification possible. C’est un entraînement de luxe. C’est bien sûr cool mais je ne vais pas forcément emmener mes meilleurs skis et prendre tous les risques. Et vendredi, je vais partir à Kitzbühel pour disputer la 2e descente de Coupe d’Europe. Je vais m’élancer dans les 30 premiers, peut-être même dans les 15 suivant la participation. J’aimerais bien faire un gros résultat pour confirmer tout ça, continuer en Coupe d’Europe et dès que possible, frapper aux portes de la Coupe du monde. C’est très positif pour le moment, je suis content de mon niveau et j’espère que ça va continuer comme ça.

21/12/2018 // Petit point de la situation après les Coupes d’Europe de Zauchensee

Comment te sens-tu après avoir disputé quatre super-G de Coupe d’Europe en l’espace d’une dizaine de jours?

Là, je suis relancé, la confiance est de retour. Aujourd’hui, c’était plus difficile qu’à St. Moritz et il y avait plus de coureurs de Coupe du monde. Je suis donc très satisfait de ma 25e place et je vais essayer de continuer sur cette lancée.

Tu as jusqu’ici participé à moins de courses que la saison dernière, pourquoi?

La saison passée, nous avions disputé beaucoup de courses avant les Mondiaux juniors afin d’avoir de bons points. Après les Mondiaux, ça allait pas mal pour moi, j’avais de bons résultats. Donc j’enchaînais tout le temps, avec des courses à droite et à gauche. Mais il n’y a jamais eu de pause. Si bien qu’à la fin de la saison, j’en avais marre. On en avait fait trop (69 départs), et il n’est pas possible d’être performant à 100% sur autant de départs. Du coup, j’avais clairement donné mon avis pour cette saison; c’est évident qu’on apprend de chaque course mais parfois, il faut dire stop et se reposer. C’était l’objectif de ce début de saison.

Autre raison, le système des points FIS qui définissent la place de départ va changer. Les points FIS perdent de la valeur au profit des points CE et CM. Résultat, les courses de vitesse FIS ne sont actuellement plus très intéressantes pour moi, voire pas intéressantes du tout. Auparavant, le seul avantage des courses FIS était d’engranger des points FIS. Et maintenant, avec le nouveau système, c’est plus facile de faire des points FIS en Coupe d’Europe.

En outre, il y a eu beaucoup moins de courses FIS jusqu’à maintenant et plus d’annulations que l’an passé.

Un exemple parmi d’autres: je suis parti pour Diavolezza à la mi-novembre alors qu’au vu mon état, je n’aurais même pas dû participer à ces slaloms. Et ils étaient suivis de deux géants à Zinal.

Autre cas de figure: on a disputé mardi et mercredi derniers deux super-G à St. Moritz. Or le jeudi et le vendredi suivants, deux géants FIS étaient organisés à Davos, à 1 heure de St. Moritz. La saison dernière, on y aurait participé mais là, nous avons pris la décision de rentrer à la maison nous reposer, parce que nous n’étions pas vraiment prêts. Il ne sert à rien de s’aligner pour s’aligner. Et moi, je suis beaucoup plus content comme ça.

Tu n’apprécies pas trop la neige molle, les conditions actuelles ne doivent donc pas être géniales pour toi…

Actuellement, c’est clair que les revêtements sont plutôt mous pour les touristes. Mais pour nous, les conditions ne sont donc pas les mêmes; les pistes sont travaillées tout le temps, comme c’était le cas de la piste de compétition du domaine de Zauchensee. C’est vrai que je n’aime pas trop la neige molle, mais les revêtements jusqu’ici étaient quand même bien durs, notamment à Diavolezza, à Zinal, à St. Moritz. La piste de Zauchensee l’était un peu moins, mais ça allait quand même. C’est une Coupe d’Europe, donc les organisateurs mettent les moyens pour que chacun puisse skier à son meilleur niveau.

Quel est ton programme pour les prochains jours et les prochaines semaines?

Je rentre aujourd’hui pour fêter Noël à la maison. Ensuite, je vais retourner un peu en slalom parce que j’ai fait pas mal de vitesse ces derniers temps. Je vais donc d’abord m’entraîner un peu en slalom, puis disputer quelques courses FIS. Les épreuves techniques FIS ont encore du sens pour moi. L’an passé, j’avais bien réussi à Soerenberg à la fin décembre. Cette année, je suis un peu moins affûté en technique, mais ça va être une bonne chose de revenir aux skis plus courts.

Ensuite, la Coupe d’Europe de descente va commencer. Ce sera à Wengen vers le 10 janvier. Et c’est un peu le même principe qui va s’appliquer que pour le super-G: si je réalise de bonnes courses à Wengen, je pourrai participer à l’étape suivante, qui se tiendra à Kitzbühel.

Le portillon de départ à Zauchensee comme s'y vous y étiez...

 

25/11/2018 // La preuve que nous dépendons de la météo et des conditions...

La préparation à Diavolezza n'a malheureusement pas été aussi bonne que d’habitude. En effet, il n'a pas neigé beaucoup, mais souvent: tous les jours 5 centimètres de neige fraîche… C'est ironique de penser que les skieurs ne sont pas si contents que ça lorsqu'il neige mais ce qu'ils aiment, c'est surtout la neige dure. La piste était par conséquent molle et les conditions se dégradaient rapidement au fil des passages. Tout le contraire des conditions rêvées de ces dernières années. Dans cet environnement difficile, il était compliqué de se mettre en confiance. 
Après 4 jours d'entraînement plus ou moins qualitatifs, c'était l'heure des premières courses. Les organisateurs ont fait un gros travail et ont pu bénéficier d'une fenêtre météo pour nous offrir une excellente piste avec une neige très compacte et dure. Ce dont je me réjouissais clairement. Malheureusement, je suis tombé malade juste avant et je n'étais pas à 100% de mes moyens. Le premier jour, j'ai compris rapidement, après une dizaine de portes, que je n'étais pas apte à performer. Le lendemain, je me sentais mieux, j'avais l'impression d'être quasi-guéri. Or, après 30 secondes, j'ai bien senti que les jambes n'étaient pas là. Par conséquent, je commence la saison malade avec deux abandons. Ce n’est pas le départ idéal...
Malgré ces premières compétitions plutôt décevantes, la faute en incombant clairement à mon état de santé, je ne me suis pas fait de soucis. J'ai passé un week-end reposant au bord du lac de Zurich et me suis remis complètement de ma petite grippe. Le lundi suivant, j'étais de retour à l'entraînement, à nouveau sur les pistes de Diavolezza. J'ai aligné 3 bons jours de géant qui m'ont permis de finaliser ma préparation en vue des premières courses du début de la semaine prochaine à Zinal.
Autrement dit, je vais participer à quelques géants avant de retourner en vitesse, afin d'être au maximum de mes moyens lors des premières Coupes d'Europe de Saint-Moritz, début décembre. Ce qui s'apparentera en fait la première échéance de ma saison.

Avec ma petite sœur, sur les pistes de Diavolezza

27/10/2018 // On approche du début de la saison

Comme prévu, je suis bel et bien allé partager quelques jours avec le groupe vitesse CE. Malheureusement, les précipitations nous ont empêchés de skier comme on l’espérait, il a fallu se contenter d’un jour sur les trois au programme.

Ensuite, j’ai profité du beau temps pour découvrir une région de Suisse que je ne connaissais pas, du moins en conditions estivales: le canton d’Appenzell, pour deux jours de balade dans de très jolis paysages. Ont suivi deux camps de quatre jours. Le premier était consacré à la technique pour reprendre les bases en slalom et en géant. Après un week-end de pause, qui m’a permis d’assister au Rallye du Valais, un sport qui me plaît beaucoup, le second camp était axé sur la vitesse. Là encore, tout s’est bien passé sauf un jour où le vent soufflait trop fort, si bien que nous avons décidé de monter à la Mischabellhütte au-dessus de Saas-Fee – 1600 mètres de dénivellé. Pas évident à 3340 m d’altitude de résister à de violentes rafales de vent… D’ailleurs, on a payé la descente le lendemain, avec des jambes plutôt lourdes.

Ces deux derniers jours, je me suis remis aux virages courts puisque je prévois toujours de commencer la saison en slalom. Là, nous quittons Saas-Fee, ce qui est loin de me déplaire car à la fin, il y avait beaucoup trop de monde sur le glacier, l’attente dans la file au bas de chaque piste était vraiment longue, avec le risque de s’énerver et de perdre sa concentration. Désormais, nous avons devant nous une semaine sans ski, histoire de remettre l’ouvrage sur le métier en condi, avec des tests physiques mercredi à Macolin.

Vendredi, départ pour le domaine de Diavolezza, à côté de St. Moritz, que viennent de quitter les Suisses qui vont courir à Sölden. Il y a beaucoup de neige artificielle, une neige qui tient bien. On va y rester deux fois trois jours pour peaufiner notre préparation. Ensuite, place aux premières courses, les 13 et 14 novembre. Certains sont prêts, d’autres un petit peu moins. Moi, je me mets gentiment en route, mais je me réjouis de la neige artificielle car je suis plus performant sur ce type de revêtement.

05/10/2018 // Les camps s'enchaînent!

Pour finir en beauté un nouveau bloc de condition physique, qui a duré 10 jours, je suis allé faire la via ferrata de Loèche-les-Bains. Ça a été une super journée, même si c’est loin d’être évident. D’abord, le parcours est très long, avec 8 heures d’effort dont 5 ½ dans la via ferrata elle-même. Ensuite, il est très impressionnant, notamment avec son pont suspendu et ses falaises de plus de 1000 mètres qui plongent sur Loèche. Une expérience magnifique!

La semaine passée, je suis monté à Saas-Fee  pour de la technique. Là, je viens tout juste de rentrer de Zermatt. Le camp n’était pas mal du tout. Mais sur les 4 ou 5 jours que nous avons passés en station, nous n'avons pas pu skier les 2 premiers. Il y avait trop de vent, au point que le téléski ne pouvait pas être utilisé; dommage car les entraîneurs avaient préparé la piste… Nous nous sommes donc rabattus sur la condition physique. Heureusement, les coaches nous ont concocté des exercices originaux: condi en forêt, volley, séance de force (comme on ne skiait pas, on pouvait forcer un peu sur les jambes). Le but était de rester actif pour ne pas se rouiller.

Néanmoins, nous avons pu chausser les skis les deux derniers jours. Au programme, de la vitesse pour la première fois de la saison, en profitant des bonnes conditions (la piste était vraiment dure). On n’a pas fait beaucoup de manches, surtout de la qualité. C’était vraiment super de retrouver le feeling de la vitesse, c’était même revigorant. Et les sensations reviennent!

Le retour que j'ai obtenu a été positif. Et comme mon chrono était bon, je vais m’entraîner la semaine prochaine avec le groupe CE vitesse à Saas-Fee. Au retour, je vais préparer les premiers slaloms, car je vais quand même commencer la saison dans les virages courts. Cela me permettra d'étrenner mon nouveau casque (partenariat avec Swisscom)...

Petit portrait
Arnaud Boisset

Né le 08/05/98, 185 cm, 85 kg

Ski-club: Bagnes

Groupe(s) d'entraînement: cadre C de Swiss-Ski

Entraîneur: Reto Griesenhofer

Employeur: stagiaire

Meilleures perfs en 2017/18: 1er du combiné FIS de Zinal - 2e du Super-G de Zinal - 3e du slalom FIS de Sörenberg - Championnats du monde juniors: combiné 6e, descente 11e, slalom 12e - 9e du combiné Coupe d'Europe de Saalbach

Points FIS au 1.09.2018: 20.20 en slalom; 22.00 en géant; 22.68 en Super-G; 28.62 en descente; 22.43 en combiné

Objectifs pour la saison 2018/19: médaille aux championnats du monde junior, médaille à l'Universiade, cadre B de Swiss-Ski

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